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Hannah Arendt 1906 - 1975

Introduction

Hannah Arendt est une philosophe politique allemande née en 1906 et décédée en 1975. Elle a marqué la pensée contemporaine avec ses idées sur la responsabilité individuelle, la liberté et la nature de la politique. Son travail reflète les bouleversements politiques et sociaux de son époque, notamment les régimes autoritaires et totalitaires qui ont émergé en Europe dans les années 1930 et 1940.

Biographie

Hannah Arendt est née dans une famille juive allemande et a étudié la philosophie à l’université de Heidelberg. Elle a été forcée de fuir l’Allemagne nazie en 1933 et s’est installée aux États-Unis, où elle a enseigné à l’université de Chicago et à celle de New York. Elle a également travaillé comme journaliste pour différents journaux et magazines. C’est aux États-Unis qu’elle a commencé à développer sa pensée sur la nature de la politique et la responsabilité individuelle.

La pensée d’Hannah Arendt

La vision unique d’Arendt sur la politique est centrée sur la notion d’action collective, qu’elle considère comme une activité essentielle de la vie humaine. Dans ses travaux, elle soutient que la politique est la sphère où les individus peuvent se rassembler pour discuter et agir sur les questions qui affectent la vie de tous. Elle souligne l’importance de la liberté, de la responsabilité et de l’action collective dans la politique.

Arendt s’intéresse également à la modernité et à son impact sur la société. Elle considère la modernité comme caractérisée par un déclin de la tradition et de la stabilité, ainsi que par une préférence pour le changement et la nouveauté. Pour elle, les individus modernes sont souvent isolés et aliénés, manquant de liens avec la communauté et la tradition. Elle a donc cherché à comprendre les implications de cette situation pour la politique et la responsabilité individuelle.

Enfin, Arendt met l’accent sur la responsabilité individuelle dans la politique et la vie en général. Elle croit que chaque individu a la responsabilité de penser de manière critique et de prendre des décisions éthiques, plutôt que de simplement suivre les ordres ou les normes sociales. Elle souligne également l’importance de la responsabilité collective, affirmant que les individus ont une responsabilité envers la société dans son ensemble.

L’héritage d’Hannah Arendt

L’héritage intellectuel d’Arendt est vaste et complexe. Elle a influencé de nombreux penseurs contemporains, notamment Jurgen Habermas, Richard Bernstein et Seyla Benhabib. Son travail continue d’être étudié et discuté dans les domaines de la philosophie politique, de la théorie critique et de la sociologie.

Arendt a également inspiré des mouvements politiques et sociaux, notamment le mouvement féministe et le mouvement pour les droits civiques. Ses idées sur la liberté, la responsabilité individuelle et la politique ont été utilisées pour promouvoir des changements sociaux et politiques importants. Elle a participé activement à ces mouvements, en particulier au mouvement pour les droits civiques, qui l’a amenée à travailler avec Martin Luther King Jr.

Son livre « Les Origines du Totalitarisme » est considéré comme l’un des ouvrages les plus influents du XXe siècle. Elle y analyse les régimes totalitaires du XXe siècle, en particulier le nazisme et le stalinisme, en soulignant les mécanismes qui ont permis leur émergence et leur maintien au pouvoir. Elle a également écrit sur la question de la justice, en proposant une théorie de la responsabilité politique et morale.

Conclusion

Hannah Arendt est une figure importante de la pensée politique contemporaine. Sa vision unique de la politique, de la modernité et de la responsabilité individuelle continue d’influencer les penseurs et les militants du monde entier. Son travail nous rappelle l’importance de la liberté, de la responsabilité et de l’action collective dans la construction d’une société juste et équitable. Son héritage intellectuel est immense et continue de nourrir les débats actuels sur la démocratie, les droits de l’homme et la justice sociale.# Hannah Arendt : Une Introduction

Hannah Arendt est une philosophe politique allemande née en 1906 et décédée en 1975. Elle a marqué la pensée contemporaine avec ses idées sur la responsabilité individuelle, la liberté et la nature de la politique. Son travail reflète les bouleversements politiques et sociaux de son époque, notamment les régimes autoritaires et totalitaires qui ont émergé en Europe dans les années 1930 et 1940.

 

 

Hannah Arendt (Johanna Arendt) est née à Hanovre en Allemagne dans une famille de Juifs laïcs. Elle suit des études de philosophie à Heidelberg où elle a une relation cachée avec son professeur, le philosophe Martin Heidegger (1889-1976). A Fribourg-en-Brisgau, elle suit les cours d’Edmund Husserl (1859-1938) et de Karl Jaspers (1883-1969).

Hannah Arendt fuit le nazisme en 1933 et séjourne en France où elle est la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild. Elle quitte la France en 1940 et après avoir séjourné quelques mois au Portugal, elle parvient à rejoindre les Etats-Unis en 1941. Après être retournée en Allemagne après la guerre pour travailler avec une association d’aide aux rescapés juifs, elle est naturalisée en 1951 citoyenne des États-Unis. Elle commence alors une carrière universitaire comme conférencière et professeur invitée en sciences politiques dans différentes universités.

Hannah Arendt ne se considère pas elle-même comme « philosophe », mais plutôt comme professeure de théorie politique. Sa philosophie politique se situe en dehors des schémas habituels de la pensée politique. « Elle ne forme pas un système philosophique à proprement parler, mais aborde au contraire un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu’elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu’elle forge du travail, de l’oeuvre et de l’action. C’est notamment au travers de la distinction qu’elle opère entre ces trois types d’activités que ressort l’un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu’est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu’elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jaspers. Elle s’inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche. » (Wikipédia)

« La croyance populaire en l' »homme fort » qui, seul contre tous, doit sa force à sa solitude, est ou bien une simple superstition fondée sur l’illusion que l’on peut « faire » quelque chose dans le domaine des affaires humaines (« faire » des lois par exemple, comme on fait des tables et des chaises, ou rendre les hommes « meilleurs » ou « pire »), ou bien un découragement conscient de toute action, politique ou non, uni à l’espoir utopique qu’il est possible de traiter les hommes comme des « matériaux ». »

« C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal. »

« La véracité n’a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques. »

Hannah Arendt, qui souhaite construire sa pensée dans la réalité de son époque, s’est intéressée au totalitarisme. Elle publie en 1951 Les Origines du totalitarisme en trois volumes – L’antisémitisme, L’impérialisme, Le système totalitaire – où elle place sur le même plan le stalinisme et le nazisme pour fonder le concept de totalitarisme. Selon Hannah Arendt, le système totalitaire, plus qu’un régime fixe, est d’abord un mouvement, une dynamique pour détruire la réalité et les structures sociales. Pour elle, c’est un mouvement « international dans son organisation, universel dans sa visée idéologique, planétaire dans ses aspirations politiques ». Contrairement au régime autoritaire classique qui se limite à un territoire déterminé, un régime totalitaire est à la recherche d’une domination totale et sans limites.

Dans son livre Eichmann à Jérusalem, publié après le procès d’Adolf Eichmann qu’elle a suivi comme envoyée spéciale de The New Yorker, Hannah Arendt développe le concept très controversé de la « banalité du mal ». Elle défend l’idée que le criminel de guerre nazi, n’était qu’un homme banal, un fonctionnaire ambitieux et zélé, incapable de distinguer le bien du mal et entièrement soumis à l’autorité. Pour elle, Eichmann croit accomplir son devoir et suit les consignes en cessant de penser, ce qui ne le disculpe nullement de ses crimes. Dans un régime totalitaire, l’idéologie, la propagande et la répression, conduisent des hommes peu différents des hommes ordinaires, à accomplir des actes monstrueux, plus préoccupés à « faire carrière » que par les conséquences de leurs agissements. Plus tard, Stanley Milgram (1933-1984) psychologue social américain s’est appuyé sur le concept de banalité du mal pour expliquer les résultats de sa célèbre expérience de soumission à l’autorité (expérience de Milgram : Cf. Bibliographie Expérience sur l’obéissance et la désobéissance à l’autorité de Stanley Milgram).

« La société de masse, .ne veut pas la culture, mais les loisirs (entertainement) et les articles offerts par l’industrie des loisirs sont bel et bien consommés par la société comme tous les autres objets de consommation. Les produits nécessaires aux loisirs servent le processus vital de la société, même s’ils ne sont peut-être pas aussi nécessaires à sa vie que le pain et la viande. Ils servent comme, à passer le temps, et le temps vide qui est ainsi passé, n’est pas, à proprement parler, le temps de l’oisiveté – c’est-à-dire le temps où nous sommes libres de tout souci et activité nécessaire de par le processus vital, et par là, libres pour le monde et sa culture, c’est bien plutôt le temps de reste, encore biologiquement déterminé dans la nature, qui reste après que le travail et le sommeil ont reçu leur dû. Le temps vide que les loisirs sont supposés remplir est un hiatus dans le cycle biologiquement conditionné du travail. Avec les conditions de la vie moderne, ce hiatus s’accroît constamment ; il y a de plus en plus de temps libéré à remplir avec les loisirs, mais ce gigantesque accroissement de temps vide ne change pas la nature du temps. L’industrie du loisir est confrontée à des appétits gargantuesques et, puisque la consommation fait disparaître ses marchandises, elle doit sans cesse fournir de nouveaux articles. Dans ces situations, ceux qui produisent pour les mass média pillent le domaine entier de la culture passée et présente, dans l’espoir de trouver le matériau approprié. Ce matériaux, qui plus est, ne peut pas être présenté tel quel, il faut le modifier pour qu’il soit facile à consommer. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – La Crise de la culture, 1961

« La société de masse est peut-être encore plus sérieuse, non en raison des masses elles-mêmes, mais parce que cette société est essentiellement une société de consommateurs, où le temps du loisir ne sert plus à se perfectionner ou à acquérir une meilleure position sociale, mais à consommer de plus en plus, à se divertir de plus en plus (…) Croire qu’une telle société deviendra plus « cultivée » avec le temps et le travail de l’éducation, est, je crois, une erreur fatale (…) l’attitude de la consommation, implique la ruine de tout ce à quoi elle touche. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – La Crise de la culture, 1961

« Toutes les choses qui doivent leur existence aux hommes, comme les oeuvres, les actions et les mots, sont périssables, contaminées, pour ainsi dire, par la mortalité de leurs auteurs. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – La Crise de la culture, 1961

« La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – La Crise de la culture, 1961

« Le pouvoir correspond à l’aptitude à agir de façon concertée. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – Du mensonge à la violence, 1972

« Plus un homme est libre de tout préjugé, moins il sera adapté à la vie purement sociale. »
Hannah Arendt – 1906-1975 – Qu’est-ce que la politique ?, oeuvre posthume, 1995

Qui est Hannah Arendt ?

Hannah Arendt (1906-1975), qui préférait se dire politologue plutôt que philosophe, est célèbre pour ses travaux sur le totalitarisme, notamment son essai Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, qui fit polémique en 1963.

Née à Hanovre en 1906 dans une famille juive laïque, elle est formée à la philosophie par les trois grands maîtres de la pensée allemande : Husserl, Jaspers et surtout Heidegger, qui deviendra son amant et dont elle soutiendra l’œuvre toute sa vie, bien qu’il n’ait jamais dénoncé les crimes des nazis.

Au sortir de la guerre, qui l’a contrainte à s’exiler en France puis aux Etats-Unis – où elle vit jusqu’à sa mort –, la jeune femme cherche à comprendre comment et pourquoi surgit le mal absolu et tente de retracer, dans Les Origines du totalitarisme (1951), les conditions qui ont rendu possible ce qu’elle conçoit comme une rupture de civilisation : l’avènement du nazisme et du stalinisme et de leur univers de domination, d’aliénation et d’extermination.

En 1961, Hannah Arendt se rend à Jérusalem pour le New Yorker afin de couvrir le procès du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, organisateur de la « solution finale », l’extermination des juifs d’Europe. Il est condamné à mort, puis pendu. En 1963, la philosophe publie ses articles, accompagnés de réflexions : Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal.

Hannah Arendt suscite la controverse avec cet essai. Elle avoue avoir ri face au témoignage d’Eichmann, qu’elle voit comme un clown grotesque, ce qui est mal perçu. Et parle de « banalité » du mal, donnant, malgré elle, l’impression d’atténuer la responsabilité des auteurs de la Shoah. En réalité, la thèse d’Hannah Arendt n’est pas que le mal est banal, mais qu’il peut être commis banalement, de façon médiocre, par obéissance et absence de pensée autonome.

Si Hannah Arendt retourne quelques fois en Allemagne, dont une première fois en 1949 pour une organisation juive de restitution des biens culturels, et prend parti dans le débat sur la culpabilité collective allemande, défendant une exigence de distinction que les nazis cherchaient justement à anéantir, elle continue de vivre aux Etats-Unis. Installée dans le pays depuis 1941, elle y enseigne la philosophie et les sciences politiques dans les plus grandes universités. Elle meurt à New York en 1975. Journal Le Monde

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Biographie détaillée

Jeunesse

Hannah Arendt naît à Hanovre en Allemagne en 1906, dans une famille de juifs laïques. Son père, ingénieur, meurt alors qu’elle n’a que 7 ans.

A 18 ans, elle part étudier philosophie et théologie à l’université de Marbourg, où elle suit les cours d’Heidegger, avec qui elle entretient une relation secrète et passionnée. Puis elle se rend à Fribourg, et assiste à des conférences d’Husserl. Enfin, elle achève sa formation auprès de Karl Jaspers, à l’université d’Heidelberg. C’est sous la direction de ce dernier qu’elle rédige sa thèse Le concept d’amour chez Saint Augustin.

La montée des périls

A partir de 1933, et l’accès d’Hitler au pouvoir, la situation devient dangereuse pour elle en Allemagne. Elle est arrêtée par la Gestapo, et relâchée.

Prenant la mesure de la montée du péril, elle parvient à se rendre en France, où elle travaille à l’accueil des réfugiés qui, comme elle, fuient le nazisme.

Elle divorce de son premier mari, un jeune philosophe allemand, Günther Anders, épousé en 1929, pour se marier avec Heinrich Blücher, un réfugié allemand.

Arrêtée en France, elle est internée au camp de Gurs, d’où elle s’échappe pour le Portugal. Grâce à ses contacts avec un diplomate américain, elle obtient un passeport pour l’Amérique et s’installe à New York, d’où elle ne peut qu’assister en spectatrice impuissante à la tragédie en cours.

A New York

Après la guerre, elle intervient en la faveur d’Heidegger, lors du procès qui a été intenté à celui-ci, en raison de son attitude sous le régime nazi.

En 1951, c’est l’année charnière : elle publie son ouvrage fondamental les Origines du totalitarisme et entame une série de conférences dans de prestigieuses universités américaines (Princeton, Berkeley, Columbia…). Cette brillante carrière universitaire est encore rare, pour une femme, à cette époque.

Quelques années plus tard, deux autres livres paraîtront, la Condition de l’homme moderne (1958) et la Crise de la culture (1961), assurant sa célébrité auprès du public.

Elle se rend à Jérusalem pour couvrir le procès d’Eichmann, et en tire un ouvrage de réflexion sur la banalité du mal, qui à nouveau rencontre un grand succès, tout en déclenchant une polémique.

En 1963, c’est la consécration, puisqu’elle obtient la chaire de science politique de l’université de Chicago, puis est nommée professeur à l’école de recherche sociale de New York, en 1967. C’est dans cette ville qu’elle meurt en 1975, laissant à la postérité des dizaines de livres, essais ou articles dont plusieurs paraîtront de manière posthume.

Les philosophes https://www.les-philosophes.fr/arendt.html