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John Dewey Pédagogue américain 1859-1952

Le pragmatisme de John Dewey

La philosophie de John Dewey appartient au courant auquel C. S. Peirce a primitivement donné le nom de pragmatisme pour désigner une méthode, plus qu’une doctrine, attentive aux effets pratiques de nos idées et à leurs résultats observables. La première philosophie à laquelle Dewey doit une grande part de son inspiration n’est toutefois ni celle de Charles S. Peirce, ni celle de William James, mais celle de Hegel. Ce n’est qu’après avoir trouvé chez ce dernier la forme de pensée, fondée sur la dialectique, qui lui convenait, qu’il découvrit l’importance de Peirce. Mais l’idéalisme qui marque ses premiers travaux est aussi largement contrebalancé par l’influence de Darwin. C’est à lui que Dewey doit son concept d’expérience, concept essentiel qui est à la source de son naturalisme et de son interactionnisme, tous deux opposés aux dualismes qui caractérisent la tradition philosophique. Le modèle en est celui des échanges qui régissent les rapports des organismes avec leur milieu : « L’expérience est le résultat, le signe et la récompense de cette interaction de l’organisme et de son environnement qui, lorsqu’elle est portée à son plein accomplissement, transforme l’interaction en participation et en communication […] Les oppositions du corps et de l’esprit, de l’âme et de la matière, de l’esprit et de la chair, ont toutes leur origine, fondamentalement, dans une crainte de la vie. Ce sont des symptômes de contraction et de retrait. »

Pour Dewey, comme cela apparaît nettement dans son grand livre de 1920, Reconstruction en philosophie, la philosophie ne saurait être dissociée de tout souci pratique. La principale question qu’il se pose est celle de savoir à quelles conditions la philosophie peut remplir un rôle dans la résolution des problèmes auxquels les hommes doivent faire face dans leur vie. Toute sa critique de l’intellectualisme s’inscrit dans le droit fil de cette question initiale.

Richard Rorty, qui considère Dewey comme l’un des trois penseurs les plus importants du XXe siècle, à côté de Wittgenstein et de Heidegger, observe que, chez lui, la philosophie ne bénéficie d’aucun accès privilégié à la réalité. Son pragmatisme – auquel il a donné le nom d’instrumentalisme, après sa rupture avec l’hégélianisme – est une philosophie de l’expérimentation et de l’enquête. Dans la logique qui la régit, la vérité ne constitue pas une condition préalable de la connaissance ; elle est un résultat, et le[…]

Encyclopédie Universalis

1903 : Publication de « Thought and its Subject-Matter« ouvrage rassemblant des essais de ses collègues de Chicago, dont le titre collectif était & »Studies in Logical Theory« . Dewey dirige alors  le département de philosophie, de psychologie et d’éducation et fonde aussi l’University of Chicago Laboratory Schools (École Laboratoire de Chicago) où il actualise ses connaissances en pédagogie
1904- 1952 : Il est professeur de philosophie à la fois à l’Université Columbia et à l’École Normale.
1905 : Il devient président de l’Association Américaine de Philosophie. Il est également membre de longue date de la Fédération Américaine des Enseignants.
1910 : Comment nous pensons (How we think) [3] : Penser, c’est expérimenter, et en vérifier les conséquences, c’est mettre à l’épreuve une hypothèse par une action, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Les idées sont donc des instruments, ou encore des moyens de transformation de l’expérience. Penser implique de ne jamais oublier l’acte de vérification des idées-hypothèses. Explorer comment nous pensons, c’est aussi réfléchir aux manières dont nous pouvons aider les enfants à développer cette aptitude. Il n’y a pas de théorie sur « comment nous pensons  » ; sans que l’on puisse la vérifier dans une pédagogie.
1916  Démocratie et éducation. Dewey désigne cette œuvre comme celle qui se rapproche le plus d’une somme de sa doctrine philosophique. « Que signifie la démocratie, si ce n’est que l’individu doit avoir son mot à dire dans la détermination des conditions et des buts de son propre travail ». C’est ce que font, dans son école, élèves et enseignants [4].
1938 : Experience and education [5] l’expérience est essentielle dans l’éducation et pour l’apprentissage des élèves. Dewey décrit et explique le concept d’expérience et montre en quoi elle est importante dans l’éducation.
1952 : Décès le 1er juin 1952 à New York.

Vie d’un grand pédagogue : Apprendre ?

Certainement, mais vivre d’abord, et apprendre par la vie, dans la vie.

1859 : Naissance le 20 octobre  à Burlington dans le Vermont, au sein d’une famille modeste de commerçants.
1879 : Il sort diplômé de  l’Université du Vermont
1879-1882 : Il enseigne comme instituteur en Pennsylvanie, à Oil City,  ce qui lui permet de comprendre qu’il n’est pas fait pour travailler dans l’éducation au niveau primaire ou secondaire.  Il reprend alors ses études au département de philosophie de l’université John Hopkins
1883 : Il travaille sous la supervision de G. Stanley Hall, dans le premier Laboratoire Américain de Psychologie
1884 : Il obtient son Ph.D de l’École des Arts et Sciences de l’Université Johns Hopkins. Sa thèse non publiée et perdue était intitulée « The Psychology of Kant« 
1884-1894 : Il occupe  un poste universitaire à l’Université du Michigan. C’est pendant son séjour dans le Michigan que Dewey fait la connaissance de sa future femme, Alice Chipman. Elle est entrée à l’université après avoir enseigné plusieurs années dans différentes écoles du Michigan. Dewey lui doit l’orientation que prennent ses intérêts vers la fin des années 1880. Il lui reconnaît d’ailleurs le mérite d’avoir insufflé « punch et substance » à son travail, et elle a une influence considérable sur la formation de ses idées pédagogiques
1890 : Dewey s’éloigne de l’idéalisme pour s’orienter vers le pragmatisme et le naturalisme. Il commence son combat contre les dualismes qui opposent l’esprit et la pensée, la théorie et la pratique, les sciences et les humanités…
1894-1896 : Naissance et ouverture de l’ « école Dewey » avec 16 enfants et deux institutrices. En 1903, elle compte 140 élèves avec 23 instituteurs et 10 assistants diplômés de l’université.
1894-1904 : Dewey rejoint la nouvelle Université de Chicago où il forme sa théorie du savoir fondé empiriquement, alignant ses idées sur la nouvelle École de Pensée Pragmatique. C’est au cours de la décennie passée à Chicago que Dewey élabore les principes de sa philosophie et commence à entrevoir le type d’école que requiert l’application de ses principes
1897 : Publication de Mon Credo pédagogique (My pedagogic creed) [1]
1899 : Il publie son œuvre principale en matière d’éducation, « The School and Society » ; (L’école et la société) et est élu président de l’Association américaine de psychologie [2].

John Dewey : Un Pionnier de l’Éducation Moderne

Introduction

John Dewey, philosophe et pédagogue américain, est considéré comme l’un des pionniers de l’éducation moderne. Ses idées novatrices ont profondément influencé le système éducatif et continuent d’être pertinentes aujourd’hui. Dans cet article, nous explorerons trois aspects clés des contributions de Dewey à l’éducation : son concept de l’apprentissage par l’expérience, son approche centrée sur l’enfant et sa vision de l’éducation démocratique.

L’apprentissage par l’expérience

L’une des idées les plus marquantes de John Dewey est celle de l’apprentissage par l’expérience. Selon lui, les élèves apprennent mieux en étant actifs et en faisant l’expérience directe du monde qui les entoure. Dewey croyait que l’apprentissage devait être concret et pratique, plutôt que purement théorique. Il préconisait l’utilisation d’activités pratiques et de projets concrets pour permettre aux élèves de développer leurs compétences et leur compréhension du monde réel. Cette approche de l’apprentissage par l’expérience a révolutionné l’éducation en mettant l’accent sur l’importance de l’interaction et de l’engagement actif des élèves dans le processus d’apprentissage.

Une approche centrée sur l’enfant

John Dewey était également un fervent défenseur d’une approche centrée sur l’enfant en matière d’éducation. Selon lui, l’éducation ne devait pas être un processus unidirectionnel dans lequel les enseignants transmettent simplement des connaissances aux élèves. Au contraire, Dewey soutenait que les élèves devaient être acteurs de leur propre apprentissage, en suivant leurs intérêts et en participant activement à la construction de leur savoir. Il préconisait une approche individualisée de l’éducation, dans laquelle les enseignants s’adaptent aux besoins et aux intérêts de chaque élève. Cette approche centrée sur l’enfant a permis de mettre l’accent sur le développement global de l’élève, en encourageant son autonomie, sa créativité et sa capacité à résoudre des problèmes.

Une vision de l’éducation démocratique

Enfin, John Dewey avait une vision de l’éducation profondément démocratique. Pour lui, l’école était un lieu où les élèves devaient non seulement acquérir des connaissances et des compétences, mais aussi apprendre les valeurs et les principes de la démocratie. Dewey croyait en l’importance de l’éducation pour former des citoyens éclairés et engagés, capables de participer activement à la société. Il considérait l’école comme un microcosme de la société, où les élèves devaient apprendre à travailler ensemble, à prendre des décisions collectives et à résoudre des problèmes de manière démocratique. Sa vision de l’éducation démocratique a eu une influence majeure sur la façon dont nous concevons aujourd’hui le rôle de l’école dans la formation des citoyens responsables et engagés.

Conclusion

John Dewey a laissé un héritage durable dans le domaine de l’éducation. Ses idées sur l’apprentissage par l’expérience, son approche centrée sur l’enfant et sa vision de l’éducation démocratique continuent d’influencer notre compréhension et notre pratique de l’éducation. En adoptant une approche active et centrée sur l’enfant, nous pouvons créer des environnements d’apprentissage qui favorisent l’épanouissement de chaque élève et les préparent à devenir des citoyens responsables et engagés dans une société démocratique.