Biographie détaillée : vie de Heidegger
Jeunesse
Martin Heidegger naît en 1889 à Messkirch, une ville allemande proche du Danube et du lac de Constance, dans un milieu catholique.
Il étudie au séminaire de Constance, puis de Fribourg ; c’est là qu’il lit De la diversité des acceptions de l’être d’après Aristote, une dissertation de Brentano qui résonne en lui comme une révélation. C’est cet ouvrage, analysant la fameuse idée aristotélicienne que l’être se dit de plusieurs manières
, qu’il considère comme son premier guide à travers la philosophie grecque
.
Une question fondamentale lui apparaît alors : Si étant se dit en guises diverses, quel est donc l’un de ce divers
? Heidegger va consacrer plus de vingt ans de sa vie à réfléchir à ce problème, la question de l’être : ces réflexions constitueront la matière de son ouvrage Etre et temps.
Deux ans après la découverte de Brentano, Heidegger se plonge dans les Recherches logiques d’Husserl. Il se destine à devenir prêtre, mais des problèmes de santé l’amènent à retarder ce projet. En convalescence, il réalise que c’est la philosophie qui l’intéresse avant toute autre matière, et se consacre pleinement à cette dernière, abandonnant religion et théologie.
En 1913, il rédige sa thèse de doctorat : Doctrine du jugement dans le psychologisme.
Le professeur
Il est autorisé à enseigner à l’université de Fribourg après la rédaction de sa thèse d’habilitation Traité des catégories et de la signification chez Duns Scot. Il rencontre Husserl et devient son assistant personnel. Il l’admire mais s’en détache rapidement, ses pensées prenant une autre orientation, à partir de ce sol commun qu’est la phénoménologie.
Il se marie, et de cette union naissent deux enfants.
En 1923, il est nommé professeur à l’université de Marbourg, haut lieu du néo-kantisme : il exerce une profonde influence sur la plupart de ses étudiants, dont Gadamer, Hannah Arendt, Léo Strauss, Hans Jonas.
En 1926, il prend la succession d’Husserl à l’université de Fribourg, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa retraite, déclinant de nombreuses offres de postes dans des universités plus prestigieuses, comme Berlin. En 1927, Etre et temps est publié.