La Commune de Paris en 1870 : Une période sombre et tumultueuse de l’histoire de la capitale française La Commune de Paris en 1870 est un chapitre marquant et tragique de l’histoire de la ville lumière. Cette période, qui s’est étendue sur près de deux mois, a été le théâtre d’événements dramatiques et de bouleversements politiques majeurs. La Commune de Paris est le résultat d’une convergence de facteurs politiques, sociaux et économiques, qui ont conduit à une situation explosive. Après la défaite de la France dans la guerre franco-prussienne, le mécontentement populaire atteignait son apogée. Les ouvriers parisiens, se sentant abandonnés par le gouvernement, ont pris les armes et ont proclamé la Commune. Ce geste de désespoir a transformé les rues de Paris en véritable champ de bataille, où les combats entre les communards et les forces gouvernementales ont fait rage, causant d’innombrables pertes humaines et des destructions massives. Les monuments emblématiques de la ville ont été détruits, les musées pillés et les symboles de l’autorité renversés. La Commune de Paris a été le théâtre d’une véritable révolution sociale et politique, avec la mise en place de réformes radicales. Les communards ont instauré des mesures sociales, telles que la journée de travail de 10 heures et la séparation de l’Église et de l’État. Cependant, ces avancées ont été de courte durée, car la Commune a été réprimée dans le sang par les forces gouvernementales. Aujourd’hui, la Commune de Paris en 1870 continue d’être un sujet d’étude et de débat pour les historiens. Elle reste un rappel poignant des luttes sociales et politiques qui ont façonné la France moderne. En se plongeant dans cette période sombre de l’histoire, nous pouvons mieux comprendre les forces qui ont façonné notre société actuelle et les leçons que nous pouvons en tirer. La Commune de Paris en 1870 a laissé une empreinte indélébile dans les mémoires collectives et constitue un rappel puissant de la nécessité de lutter pour la justice sociale et les droits des travailleurs. Cette période tumultueuse a façonné la France moderne et nous invite à réfléchir sur les luttes passées pour mieux comprendre et améliorer notre société actuelle.
La Commune de Paris a 150 ans. Le 18 mars 1871, le peuple de Paris se soulevait contre le gouvernement français.
Au sortir de la guerre de 1870 et la défaite de Sedan, la France est exsangue. A Paris, le peuple est aux abois et la misère règne. On mange ce que l’on trouve, parfois des rats et même les animaux exotiques du Jardin des Plantes. Le gouvernement, dirigé par Adolphe Thiers, est en conflit avec les citoyens de Paris qui ont combattu les Prussiens et monté une garde nationale.
Tout débute le 18 mars sur la colline de Montmartre, où les Parisiens entreposent des dizaines de canons. La révolte va réussir : pendant que le gouvernement se réfugie à Versailles (Yvelines), la Commune est proclamée le 27 mars. Elle adopte le drapeau rouge, et légifère sur l’interdiction du travail de nuit, la séparation de l’église et de l’Etat ou encore l’école laïque. « Cette expérience, de fil en aiguille, va conduire à quelques-unes des plus belles avancées sociales qu’on puisse imaginer, qui vont inspirer les révolutionnaires pendant des décennies, et même jusqu’à nos jours« , commente Franck Ferrand, auteur d’ouvrages historiques. La statue de Napoléon, sur la place Vendôme, est détruite le 16 mai.
Mais les Versaillais, l’armée menée par Adolphe Thiers, sont déjà aux portes de Paris. Ils entrent le 21 mai, dans une capitale hérissée de barricades. Pris dans une spirale destructrice, les Communards incendient les édifices emblématiques, comme l’hôtel de ville. La révolte va toutefois être sévèrement réprimée. Durant la semaine sanglante, plus de 10 000 personnes sont massacrées par les troupes versaillaises. De Louise Michel au Temps des cerises, composé par un Communard, la courte histoire de la Commune imprègne encore la mémoire collective des Français. Le Sacré-Cœur a notamment été batti pour expier les crimes des fédérés à Montmartre, là où tout avait commencé.
Le 18 mars 1871, sur la butte Montmartre, les habitants de la capitale – hommes, femmes, enfants, vieillards – affluent pour faire barrage. Les officiers ordonnent de faire feu mais les soldats refusent et se rangent du côté des Parisiens. Des barricades sont montées, les généraux Lecomte et Clément-Thomas sont massacrés.
Thiers et l’ensemble des corps constitués fuient alors Paris pour Versailles tandis que le Comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de ville. Sans l’avoir voulu, les révolutionnaires se retrouvent maîtres de la capitale et de ses deux millions d’habitants. Ils organisent des élections le 26 mars. L’extrême gauche obtient la majorité et les élus ouvriers, artisans, journalistes, avocats, médecins ou encore artistes constituent un conseil de 79 membres. Il est appelé « Commune », en souvenir de la Commune qui a renversé le roi Louis XVI en 1792. Symbole de l’insurrection, le drapeau rouge flotte partout dans la ville. Face à la prise de pouvoir de l’extrême-gauche révolutionnaire, patrons et bourgeois quittent la capitale.
Les partisans de la Commune de Paris, « communards » ou « fédérés », réquisitionnent les ateliers de production afin que les ouvriers les gèrent eux-mêmes. Les églises deviennent le lieu de clubs de discussion où hommes et femmes peuvent prendre la parole.
L’œuvre sociale de la Commune est audacieuse : elle proclame la séparation de l’Église et de l’État ; l’instruction gratuite, laïque et obligatoire pour les garçons et les filles ; la gratuité de la justice ; l’élection des juges et des hauts fonctionnaires et la suppression de toute distinction entre enfants légitimes et naturels.
Mais voilà qu’à peine remis de leurs épreuves, les Parisiens subissent un deuxième siège, celui de l’armée gouvernementale cette fois. Sous le commandement du maréchal Mac-Mahon, 130.000 militaires sont aux portes de Paris au mois d’avril. Les Communards essuient défaite sur défaite.
Le 21 mai 1871, les Versaillais entrent dans la capitale. Ils sont en supériorité numérique et font face à quelques dizaines de milliers de fédérés seulement. C’est le début de la « Semaine Sanglante ». En trois jours, la moitié ouest de la capitale est aux mains de l’armée gouvernementale. L’Est résiste plus longtemps mais la défaite semble toutefois inévitable. Paris est à feu et à sang : plusieurs monuments sont en proie à d’importants incendies comme le Palais des Tuileries (qui ne sera jamais reconstruit), le Palais de justice et l’Hôtel de Ville.
Après une ultime bataille le 27 mai 1871 au Père-Lachaise, 147 fédérés sont fusillés sur le mur d’enceinte du cimetière. La dernière barricade tombe le lendemain. Ainsi s’achève la Commune de Paris, insurrection qui aura duré 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871. Fier de sa victoire, Mac-Mahon proclame : « Paris est délivré. L’ordre, le travail et la sécurité vont renaître ». En août 1871, Adolphe Thiers est élu président de la IIIème République.
Le bilan de la Commune de Paris est terrible : 20.000 victimes, 38 000 arrestations et quelques milliers de proscrits et de déportés vers les bagnes de la colonie la plus éloignée de la métropole, la Nouvelle-Calédonie. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1880, que viennent les lois d’amnistie et le retour des exilés et des déportés.
La Commune de Paris hante pour toujours les esprits. Pour la gauche, elle est un mythe fondateur, les socialistes la considérant comme la première manifestation révolutionnaire de la classe ouvrière. Elle survit dans les mémoires en chanson : avec l’Internationale, le plus célèbre des chants révolutionnaires dont les paroles ont été écrites par le poète communard Eugène Pottier, ou Le temps des cerises, dont l’auteur, Jean-Baptiste Clément, a combattu lors de la Semaine sanglante.